Le déjeuner du moissonneur : Peinture
de Désiré François Laugée. Huile
sur toile. Présenté au Salon des Artistes Vivants
de 1857.
Dans le Journal de Saint-Quentin du 18 septembre 1857, Félix
Ribeyre commente ainsi ce tableau : « …La
scène se passe au milieu des champs,
au pied des gerbes coupées. Une petite fille vient d’apporter
à son père le repas du jour qu’elle lui sert assise sur
le panier aux provisions. Le moissonneur mange, en causant,
un gros morceau de pain. Les têtes … sont agréables. L’effet
est joli, sérieux et tranquille. On sent bien la couleur et le parfum des champs. Aussi les éloges
les plus flatteurs ont accueillis l’exposition de Monsieur Laugée….. »
Avec M. Laugée, nous quittons la patrie des pierres druidiques et nous rentrons en pays civilisé. Si sa coloration n’était pas trop légère et blafarde, M. Laugée aurait bien du talent. Il y a de la naïveté et de l’observation dans ses petites compositions; elles sont très-courageusement disposées en plein air et indiquent un véritable sens de la nature. Le Déjeuner du moissonneur et le Pas de la porte sont deux petits motifs gracieux, bien dessinés, bien compris, mais où j’aurais voulu voir un modelé plus franc, et qui avaient besoin d’être relevés par une exécution solide. Tout s’acquiert avec le temps et le travail. Quand les qualités sont en germe et qu’il ne s’agit que de les développer, il ne faut jamais désespérer.Maxime Du Camp - Le Salon de 1857, Paris.